Enseigne de Vaisseau HENRY

Bienvenue sur mon blog concernant l'Aviso-Escorteur EV HENRY

  • Accueil
  • > Voyage
  • > Histoire de l’Aviso Escorteur Enseigne de Vaisseau HENRY (1962-1994)
9
nov 2008
Histoire de l’Aviso Escorteur Enseigne de Vaisseau HENRY (1962-1994)
Posté dans Voyage par pberthe à 9:51 | 17 réponses »


Histoire de l'Aviso Escorteur Enseigne de Vaisseau HENRY (1962-1994) dans Voyage photo01m
L’EV Henry en cale de construction à l’arsenal de Lorient (1963).

Dernier de la série des avisos-escorteur, l’Enseigne de vaisseau Henry a été mis sur cale à l’arsenal de Lorient en septembre 1962, lancé le 14 décembre 1963. Il est entré en service le 1er janvier 1965.

Dès le début de sa carrière, il quitte Lorient pour une campagne de deux ans dans le Pacifique où il apprend les eaux bleues des lagons et les noms qui font rêver, Raiatea, Bora Bora, Rangiroa, Nuku Hiva, Huahiné… Dès ce premier séjour sa vocation tahitienne est affirmée, le Henry n’oubliera plus jamais la Polynésie avec laquelle il scellera une alliance : Uturoa sera sa deuxième ville marraine.Il sera intégré à la division des avisos du Pacifique (Divavpaci) avec les Doudard de Lagrée,Charner,Cdt Rivière et Protet.

On le retrouvera pourtant pour un bref intermède dans l’océan indien, basé à Diego-Suarez de 1970 à 1972.et on peut suivre sa trace de Tamatave à Bombay, de Djeddah à Karachi. De janvier à août 1970, il fait une mission qui commence dans les TAAF, puis se poursuit en Australie : Freemantle, Adelaide (où un sérieux accident avec le Plymouth a lieu lors de l’appareillage), Melbourne et enfin Sydney, pour les cérémonies du bicentenaire de la découverte de l’Australie par le Capitaine Cook. Après Sydney, il reprend la route de Diégo, avec escale à nouveau à Freemantle. Environ une heure après de le départ de Freemantle, les événements importants qui se déroulaient au Cambodge contraignent le bâtiment a faire route vers le Golfe de Siam où il assure une permanence sur zone de mai à août 1970 ; des patrouilles entrecoupées de deux escales à Bangkok et trois à Singapour. Le Henry sera relevé par le Kersaint qui, toutes affaires cessantes lui livre du vin, qui, il est vrai, manquait depuis 2 ou 3 semaines…!

Ce sera sa seule infidélité au Pacifique. Mais c’est à Papeete où il a été affecté pendant 20 ans qu’il a pleinement vécu ; c’est de Papeete qu’il est parti pour sillonner la vaste Polynésie ou pour de grandes « touées » dans le Pacifique : une fois au Nord vers le Japon, une fois à l’est vers les Amériques ou vers Lorient.

Le 23 avril 1982, les 21 membres d’équipages d’un chalutier sud-coréens sont sauvés par l’aviso-escorteur EV Henry, alors qu’ils dérivaient depuis une semaine sur ce qui restait de leur bateau, dévasté par un incendie suite à une explosion de moteur. Privé d’eau et de nourriture, les marins sud-coréen ont la chance de rencontrer l’EV Henry qui faisait route de Tahiti vers Hawaï. Ils sont ensuite transférés sur le Trieux qui les ramène à Tahiti.

photo06m dans Voyage
L’EV Henry à quai à Papeete (février 1982).

L’aviso-escorteur rentre régulièrement en métropole pour caréner (1968, 1973, 1979 et 1990) ; grâce aux soins attentif du chantier réparations de la DCAN, il retrouve à chaque fois une nouvelle jeunesse, voire une nouvelle silhouette, (essai de plate-forme hélicoptères, adjonction de MM38, suppression du mortier). L’Amérique du sud est alors un point de de passage habituel de ses aller et retour entre Lorient et Papeete. Sous les frondaisons impénétrables de la jungle équatoriale, les marins du Henry découvrent Callao et Guayaquil (3 fois), l’île de Pâques ou Valparaiso. Parfois aussi l’Amérique centrale ou les Caraïbes le retiennent de Curaçao à Mazatlan, de Key West à Acapulco qu’il visite pour la 5ème fois en mars 1991. La côte ouest d’Amérique du nord n’est pas oubliée, Vancouver, San Francisco, Esquimalt, Seattle se succèdent sous les pas des pompons du Henry

L’Australie, vaste contrée d’où s’échappent les plaintes des tribus oubliées mais où se dressent les grattes ciels de la modernité reçoit régulièrement sa visite, Fremantle, Adélaïde, Melbourne, Sydney (4 fois) ; la Nouvelle-Zélande aussi, Auckland, Wellington… Mais c’est dans les îles du Pacifique et en Asie que ce voyageur infatigable trouve à s’exprimer pleinement ; on ne compte plus ses relâches à Honolulu ou Pearl Harbour (9 fois), à Suva ou Hong Kong (4 fois), à Surabaya, à Pago Pago, Yokosuka, Guam, Djakarta, Bangkok, Singapour, Balikpapan, Port-Moresby, Manille, Cébu, Apia, Kobé, Pusan… 26 commandants, des plus illustres, l’ont conduit à travers les mers jaunes, dans plus de 37 ports du Sud-Est Asiatique où la France a eu pour quelques jours la fière allure du Henry. Pour l’EV Henry maintenant, les « terrae incognitae » sont en Afrique et en Europe dont il n’a vu que le port de Lisbonne ; lui, dont le nom a surpris à Brest (quelle est votre compagnie ?), son nouveau et dernier port d’attache, commence à combler ces lacunes en débutant l’année 1991 par une nouvelle carrière en devenant le bâtiment escorte, la conserve de la Jeanne d’Arc.

Djibouti, le 8 janvier 1992. Ouvrant la route au groupe composé des avisos Commandant Ducuing et Détroyat, du BSL Rhin, du PH Jeanne d’Arc et du BCR Var, les avisos-escorteurs Commandant Bory, Protet et EV Henry ont pu, l’espace d’une journée, se remémorer le temps où, fraîchement sortis des bassins lorientais, ils partaient de conserve à la découverte du vaste monde. Leurs noms étaient déjà tout un programme, ils y furent fidèles. Rappelant le souvenir de marins qui se sont illustrés dans l’aventure coloniale de la France en Extrême-Orient, les avisos-escorteurs ont depuis près de trente ans sillonné toutes les mers et rempli les missions les plus diverses. Bâtiments en campagne, très marins, ils ont accumulé les jours de mer, les escales, les milles parcourus ainsi que les Iper.A l’heure où peu à peu ils sont amenés à quitter le service actif, cette journée du 8 janvier 1992 prend une dimension particulière. Pour la dernière fois sans doute trois avisos-escorteurs ont navigué de conserve.

photo04m
L’EV Henry, brises-lames à Brest (1999).

Le 14 janvier 1993 devant le port de Montévidéo, le Henry retrouvait non sans une certaine émotion, ses sisterships : Commandant Bourdais, Amiral Charner et Victor Schoelcher qui l’attendaient sous les noms respectifs d’Uruguay, Montevideo et General Artiga.

Le 14 mars 1994, le Henry franchit le goulet de Brest au retour de sa quatrième et dernière croisière annuelle d’instruction. 25000 nautiques venait d’être parcourus, d’Alexandrie à Djibouti et Cochin ; de Singapour à Manille et Djakarta ; de Penang, en Malaisie, aux Mascaraignes et à Mascate, puis Athènes… 85 jours de mer, 138 jours hors de Brest. L’EV Henry sera remplacé dans ses fonctions par la frégate de surveillance Germinal.

Fin avril 94, entre les deux rives de la Penfeld, un ultime  » terminé barre et machines  » marquera les adieux du Henry à tous les océans. Placé en réserve spéciale le 31 mai 94. Il a été désarmé le 20 août 1996 et, depuis novembre 1994, sert de brise lames devant le club nautique de Brest .

En mai 2006, sa coque est remorqué jusqu’au cimetière marin de Landevenec.

Aviso Escorteur EV HENRY
Album : Aviso Escorteur EV HENRY
Photos et articles sur le lancement de l'AE EV HENRY
11 images
Voir l'album

 

 

 

 


Fil RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse.

17 réponses:

1 2
  1. JEROME Jean-Yves écrit:

    Bonjour,
    J’ai fait un cours séjour sur le Henry en août 77 en tant que matelot mécanicien avant d’être débarqué pour rejoindre le Centre Auto de l’UM Papeete, puis de rejoindre la Lorientaise pour un tournage de fim (Hurricane) à Bora Bora, avant le cyclone Diana.
    Et je devais être dans le même poste AR que Gérard CLAPES. Quel souvenirs, que du bonheur! Bonjours à tous!

  2. SCHWALLER Daniel écrit:

    Bonjour, je suis un ancien affecté de 71 à 72 , mon surnom à bord « PETIT CHEVAL » comme d’autre je suis tombé sur ce site en effectuant une recherche sur la tape de bouche de l’EV.HENRY. Je viens de retrouvé mon ancien collégue Christian SOLANS car nous étions ensembles de l’école des timoniers du cap brun, puis sur EV HENRY avec son retour en à LORIENT;j’aimerai pouvoir prendre contact avec Christian et les autres;Quel retour en arriére!Vous pouvez donner mes coordonnées aux personnes qui veulent rentrer en contact avec moi. merci aujourd’hui 23 12 2013, je vous souhaite à tous de bonnes fêtes de fin d’année POUR VOUS ET VOS FAMILLES;.

  3. SCHWALLER Daniel écrit:

    Pour tous les anciens de lEV HENRY période 1971 1972 mon adresse dapakava@voila.fr

  4. GATECLOU MAREST écrit:

    Bonjour,
    je travaille sur le site DCNS de Lorient qui a construit l’AE Enseigne de Vaisseau Henry. Et je recherche des documents relatifs à son lancement. Vous serait-il possible de m’envoyer un fichier copie de l’article Cols Bleus (3p) sur ce lancement?
    Cdlt
    YGM

  5. dapakava petit cheval écrit:

    Bonjour à Christian, copy, jacques et autres. Timoniers avec vous de 1970 a 1972.Beaucoup de souvenirs avec BONN et tous les autres du poste 1; mon adresse de contact dapakava@voila.fr

  6. MOAL écrit:

    Bonjour,

    Avez vous connu Monsieur Fernand SAOUT de Brest sur le Henry en 81? (mission sur Papeete…)
    Merci de vos réponses

  7. MOAL écrit:

    Bonjour,
    Avez vous connu Monsieur Fernand SAOUT sur le Henry en mission à Tahiti en 1981?
    Merci de vos réponses
    M MOAL

1 2

Laisser un commentaire

Le Petit Prince autour du M... |
Nous à Vancouver |
Le Pépito Tour |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Tours Circuit Excursion Aga...
| Mag et Olive chez Dadou
| DE L'AUSTRALIE AU JAPON ......